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Rencontre avec notre ambassadeur : Nick Lake

Je n’ai entendu aucune alarme, mais mes yeux se sont ouverts au son du nylon qui frôlait à côté de moi.  Le cocon de mon sac de couchage est si chaud que je fond lentement dedans.  C’est un contraste saisissant avec cette vague de froid de la mi-septembre recouvrant l’intérieur de notre tente d’une épaisse couche de givre.  Chaque mouvement apporte une pluie de poussière de glace sur mon visage exposé.

Le reveil alpin est toujours misérable pour moi: tâtonner dans l'obscurité pour préparer un semblant de petit-déjeuner; enfiler vêtements froids et chaussures glacées tout en espérerant que mes pieds soient suffisamment chauds pour faire fondre la glace avant que mes orteils ne deviennent engourdis... Et comme je ne suis pas matinal, l’idée de se réveiller avant le lever du soleil avec cette dure réalité rend la tache encore plus difficile.

 

Mais j'ai choisi cette situation et mon amour de la nature prend le dessus. Campé dans une dépression peu profonde au sommet d’une large crête ondulée dans le parc national de North Cascades avec mon ami Scott, mes yeux fixent les trois sommets enneigés devant moi.  Cette aventure est un peu une bête - 64 km à pied avec près de 4500 m (15,000 pieds) d'altitude gagnés et perdus en seulement trois jours - Mes jambes et mon dos sont déjà lourds et douloureux depuis la première journée.  Le sommet du milier est notre objectif principal: Whatcom Peak est cerné par la lueur de pêche de l'aube. Les nuages qui balayaient notre tente pendant la nuit se sont installés paresseusement dans la vallée de Chilliwack à plusieurs centaines de mêtres en contre-bas, créant une rivière de brouillard.

Lors des matins comme celui-là, la bataille contre le froid commence dès l'intérieur de la tente et dure de longues minutes jusqu'au premier café.  J'ai vraiment pris goût au café qu'après avoir déménagé à Seattle et découvert le délice d'un bon espresso.  Auparavant je me résignais à boire quelques tasses de café instantané si nécessaire.  La Nanopresso est une aubaine aujourd'hui, et pas seulement pour aider à combattre le froid.  Nous avons des dizaines et des dizaines de talus glissants à descendre et à remonter, puis à redescendre et à remonter avant que notre journée ne soit passée, la caféine nous aide à rester éveillé et vigilant.

L'avancement pour atteindre notre objectif n'est pas très mémorable.  Ironiquement,  il n’y a pas assez de neige et trop de neige en même temps.  La plupart des champs de neige de l'hiver précédent viennent tout juste de finir de fondre mais une tempête de début de saison vient de laisser quelques centimètres de poudreuse fraîche sur les sommets supérieurs, faisant givrer la fonte et la recouvrant. Les pentes sont devenues de vraies patinoires.  Marcher sur de la neige compacte et profonde est facile, tout comme sur des rochers secs et stables...  Nous n'avons ni l'un ni l'autre. 

L'Imperfect Impass [sic] est une digue de plusieurs centaines de mètres de long qui divise la face sud de Whatcom Peak en deux, avec un mur de 25m (80 feet) de classe 4+ à descendre et remonter pour passer.  En optant pour un itinéraire plus sûr, nous avons glissé au fond grâce à un chemin de neige persistante le long d'une cascade en rage pour ensuite remonter par une voie de dalles graisseuses nous ramenant à 600m (2,000 pieds) de Perfect Pass, en direction de l'ascension finale du sommet.  Il nous a déjà fallu deux heures et demie pour arriver aussi loin, talus glissants et difficultés à trouver une voie sûre alors que notre estimation initiale était de 45 minutes.  Nous n'avons maintenant plus le choix pour arriver au sommet. Il nous faut accélérer le pas sachant que nous ne retournerons pas au camp avant minuit. Mais simplement aidé de nos lampes frontales serons nous capable d'y retourner en toute sécurité?  La possibilité d'une nuit à passer exposée sur une voie d’escalade est bien réelle pour le moment et, se rappelant le froid glacial de la nuit précédente, bivouaquer sur une crête est peu souhaitable.  Nous décidons de faire demi-tour, la déception et cette douleur bien familière d’une occasion manquée nous gagne.

 

Des heures plus tard, la deception est toujours là alors que nous fixons un autre visage de montagne, Mineral Peak, encore une fois incertain de la direction à prendre pour l'itinéraire.  Notre parcours provient d'un ami qui a monté puis descendu en ski le sommet au printemps dernier. En cette période les champs de neige ininterrompus rendaient la montée simple et directe.  Maintenant nous essayons de déterminer si la goulotte qui sépare deux sections du glacier sur le versant Est est praticable ou pas.  La chute d’eau au milieu indique que ce n’est probablement pas le cas.  Tous les deux avons un mauvais pressentiment. C'est dans ces situations qu'il faut se fier à son ressenti.  Nous sommes d'accord, mieux vaut rebrousser chemin.  Épuisés, nous décidons de remontons la pente d'une crête herbeuse en dehors de l'itinéraire prévu.

Nous installons notre camp sur l'épaule d'une crête qui mène au sommet du Whatcom, cette fois au milieu d'une prairie herbeuse entourée de petit lac glassés et offrant une vue à 360 degrés de flèches couvertes de neige et de vallées profondes et verdoyantes. Nous ne sommes pas pressés maintenant et le soleil semble être d’accord, disparaissant paresseusement vers l’horizon.  Nous avons tout le temps du monde pour dormir avant notre randonnée du lendemain. Je reste donc éveillé couché sur le dos pendant un moment en regardant un essaim épais d'étoiles.  C’est un très bon prix de consolation.

Le lever du soleil est aussi jaune qu'un œuf fêlé qui fond dans une mer de pics s'étendant à perte de vue.  Il fait décidément plus chaud qu’hier et nous avons beaucoup plus de temps pour nous asseoir, pieds nus dans l’herbe, et savourer notre expresso avant de remballer notre campement.  Le vent est plus doux, il est passé au sud et le soleil fait vite son effet.  Bien que je n’ai toujours pas maîtrisé le réveil en montagne, pour rien au monde je ne voudrais être autre part en cet instant, dégustant cet espresso divin.

 

 

Nick Lake parcourt le monde, partageant ses récits de lieux sauvages et des habitants qui y vivent  au travers d'images, de courts métrages et d'écrits. Il a travaillé avec de nombreuses marques dans des dizaines de pays pour inciter des milliers de personnes à découvrir et protéger notre terre et à adopter un style de vie plus sein au milieu de la nature. Suivez ses aventures sur son compte Instagram ou son site web.

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